Féminicide de Shaïna Hansye en 2019 :
Le procès des hommes, qui l'ont violée quand elle avait 13 ans, s'est ouvert devant le tribunal pour enfants de Senlis

Le 31/01/2022 

Article rédigé par le Collectif Féminicides Par Compagnons ou Ex

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Lundi 31 janvier 2022, le procès des quatre jeunes hommes qui ont violé Shaïna Hansye en 2017 s'est ouvert devant le tribunal pour enfants de Senlis elle ne sera pas présente, elle a été assassinée.

Shaïna est la 125ème victime recensée par notre Collectif en 2019. Deux ans après ce viol collectif, Shaïna 15 ans a été poignardée et brûlée vive, dans un cabanon de jardin, par son petit-ami Omar O.,17 ans.

Le rappel des faits :

Shaïna n'avait que 13 ans lorsqu'elle a été violentée et violée par plusieurs jeunes hommes au fond d’une polyclinique désaffectée des Hauts de Creil (Oise). Parmi ces agresseurs, il y avait son petit-ami de l'époque qu'elle avait rencontré à la sortie du collègue. Au départ gentil et prévenant, ce dernier n'a pas tardé à se montrer violent et menaçant avec la jeune adolescente, exigeant notamment des photos dénudées. Puis des menaces de diffusion des clichés et chantage au rapport sexuel s’ensuivirent.

Le 31 août 2017, il a demandé à Shaïna de le rejoindre à l'ancienne polyclinique, elle s'y est donc rendue avec une amie. L'adolescente a été entraînée dans un recoin et violée de force par son copain et ses amis. Cette scène atroce a été filmée et immédiatement diffusée sur les réseaux sociaux par les agresseurs de Shaïna. 

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C'est dans cette ancienne clinique désaffectée que Shaïna a subi un viol collectif en 2017. Crédit photo : ExplosFriches

Le jour même, accompagnée de sa famille et preuves à l'appui, la jeune fille a porté plainte contre ses violeurs, qui ont été placés en garde à vue puis mis en examen avant d'être relâchés sous contrôle judiciaire.

Dans les mois qui suivront, Shaïna sera injustement moquée, insultée et harcelée par ses agresseurs mais également nombre de ces camarades de classe, qualifiée de "fille facile" ou encore d' "allumeuse"

Le 1er mai 2019, Shaïna va malheureusement recroiser dans la rue son ancien petit ami. Ce dernier va violemment la frapper avec l'aide de plusieurs de ses copains : la jeune fille au sol, a été rouée de coups y compris avec un bâton. Inconsciente, Shaïna sera transportée d'urgence à l'hôpital, présentant de multiples blessures notamment au visage et à la tête. Une nouvelle fois, le garçon est mis en examen et laissé libre sous contrôle judiciaire !

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Durant l'été 2019, encore fragilisée par ses blessures et ce nouveau traumatisme, Shaïna a fait la connaissance d'Omar, un jeune homme de 17 ans, résidant également dans la cité creilloise du Plateau. Manipulateur, le jeune homme cherchait selon ses propres mots "une fille facile" et a reconnu plus tard s'être servi d'elle après avoir eu écho du viol de Shaïna. Ils se retrouvaient régulièrement en cachette dans un cabanon des jardins partagés situés à proximité. En octobre 2019, Shaïna est tombée enceinte et Omar l'a poussée à avorter mais il se heurte au refus de celle-ci.

Le vendredi 25 octobre, il a donné rendez-vous à Shaïna dans leur cabanon habituel avant de se jeter sur elle et de la poignarder violemment. Pour achever Shaïna et maquiller son crime, il a utilisé de l'essence et un briquet pour la brûler. 

Le lendemain, la famille et les proches de la jeune femme, très inquiets, ont lancé un avis de disparition. Ce n'est que le jour d'après que le corps de la jeune femme a été retrouvé les débris de l'incendie. En effet, les pompiers étaient intervenus dans la nuit de vendredi à samedi pour éteindre ce cabanon en feu mais n'avaient pas repéré le corps de Shaïna.

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C'est dans ce cabanon de jardin que Shaïna a été poignardée et brûlée par son compagn en 2019. Crédit photo : Le Parisien

Shaïna, une jeune femme forte et

 

Originaire de Messei, près de Flers-de-l'Orne (Orne), Audrey était interne en pédiatrie à l'hôpital Jean Verdier de Bondy (Seine-Saint-Denis), après avoir effectué une partie de ses études à la faculté de médecine de Caen (Calvados).

Très engagée dans la cause humanitaire, Audrey aidait notamment les migrants de Caen et Ouistreham, en les soignant de manière bénévole et en luttant contre leurs expulsions.